Une bulle d'inconscience
J'ai fait un rêve cette nuit, un rêve qui me reste en travers de la tête si j'ose dire. Et comme pour tous ces rêves là, une fois que je les écrit, ils commencent à me sortir de la tête, comme s'ils étaient imprégnés par le papier ou mon écran d'ordinateur.
Ce rêve étant en rapport avec mon homosexualité, je le retranscris sur mon blog. Pourtant, ce n'est qu'un délire de mon subconscient, mais tellement révélateur je pense de l'opinion que j'ai moi même de ma sexualité qu'il me semble important de m'en défaire et surtout de réfléchir dessus.
Je sens que ça va être très confus, moins peut-être pour les gens qui me connaissent, mais tout de même.
Quelques lumières sur moi, avant de commencer. Je suis l'aînée de 4 enfants. Et ce rôle de "chef de tribu" me tient très à coeur, je fais attention à mes petits frères et soeurs et je serais prête à tout pour leur éviter certaines merdes (même si évidemment la plupart du temps je n'y peux absolument rien). Peut-être est-ce dû au fait que mon père est ce qu'on peut qualifier d'"absent", sûrement, même, et que dès mes 12 ans (depuis le divorce) j'ai comme ressenti la responsabilité de veiller sur eux. Cette année d'ailleurs j'ai été très heureuse de pouvoir emmener mon petit frère (19 ans) à la gaypride, heureuse de lui montrer que, regarde, tu vois, des homos à profusion, certains comme toi, certaines comme moi, d'autres tout à fait différents, des "folles", des "camionneuses" etc., mais en quoi leur différence ne les rendrait pas méritoires de ton respect? Il a d'ailleurs été tout autant choqué que moi par la bande de chimpanzés qui jettaient des prospectus roulés en boule sur les chars.
Bref, je m'égare. Tout ça pour dire que je les aime énormément tous les trois.
Et puis, il y a E., une amie à moi. Rien d'ambigü dans notre relation, c'est une de ces personnes que je compte parmis mes vrais amis. Je ne sais d'ailleurs même pas pourquoi je cache son prénom. La seule chose, avec elle, c'était le jour de ses 25 ans, à une soirée très arrosée, nos lèvres se sont rencontrées l'espace de quelques secondes. On a ensuite rit comme des imbéciles, et voilà, fin de la romance.
Bon, allez, je me lance dans ce fameux rêve:
J'habite à Paris, et je reçois pour quelques jours, mon frère Damien (19 ans) et ma soeur Sarah (5 ans). Dans la première scène, je les emmène manger au McDo, et je m'énerve parce qu'alors qu'ils ont déjà fini de manger, mon repas à moi n'est toujours pas arrivé. Au final, je mange en discutant avec Damien pendant que Sarah joue dans les installations prévues à cet effet.
Ensuite, je les emmène visiter un magnifique coin de Paris (qui n'existent que dans mon imagination) et pour ça, on prend le métro. Là, je croise deux potes de lycée que je n'avais pas revu depuis le bac. Je m'arrête donc quelques instant pour parler avec elles, et demande à Sarah de rester à côté de moi, mais elle part, elle court presque en directement de la rame de métro. Je me lance à sa poursuite et l'attrape par le col de son manteau juste avant qu'elle ne tombe sur les rails. Un peu secouée par la peur que je viens d'avoir, je l'engueule à moitié en lui disant "Mais pourquoi tu cours alors que je te demande de rester à côté de moi? Tu te rends compte que si tu étais tombée et qu'un métro était arrivé, il aurait pu t'écraser? Si je te demande de rester à côté de moi, c'est pas pour t'embêter mais c'est pas qu'il t'arrive quelque chose de mal!". Un peu boudeuse, elle reste à côté de moi le temps que je dise au revoir à ces filles que je viens de croiser et qui doivent s'en aller.
La scène suivante est celle qui m'a le plus marqué. Nous sommes à côté d'un parc, il y a ma petite amie, Damien, Sarah, Juliette et Aurélie, Cyril et Lise, et, E. et son petit ami. On discute tranquillement, c'est la nuit. Je ne sais plus pourquoi mais à un moment, E. et moi rentrons dans le parc et commençons à nous embrasser sur les lèvres en riant. Soudain, j'entends du bruit et regarde autour de moi. Je vois une dizaine de personnes arriver sur nous en criant et courant. Je comprends que ce sont des homophobes, et nous partons donc le plus vite possible. Je crois qu'E. trouve à se cacher, mais ils me suivent toujours. Heureusement, j'ai mes rollers aux pieds, et je vais donc très vite. Mais certaines de ces personnes ont des rollers et sont donc juste à côté de moi, surtout un homme, qui m'insulte et me fait comprendre que s'il arrive à m'attraper, il me tuera. Quelques minutes après, j'arrive enfin à le semer. Là, je prends peur, je me rends compte que j'ai laissé mes amis et mon frère et ma soeur seuls à l'entrée de ce parc, j'ai peur qu'ils se soient fait agressés, j'enlève les rollers, et retourne dans le parc. Il se trouve maintenant des centaines de personnes, qui hurlent, tiennent des pancartes marqués de "A mort les homos" etc. Je me joinds à eux en faisant sembler de partager leurs idées, mais je cherche mes compagnons. Je ne les trouve pas et leur passe donc un petit coup de fil. J'apprends qu'ils sont tous chez Cyril et Lise, pas très loin de là, ils sont soulagés de m'entendre, ils ont eu peur pour moi. E. est avec eux aussi d'ailleurs, elle va bien, et ils m'attendent. Mais je ne peux pas, bizarremment, cette foule me surveille, et me font comprendre que si je pars, c'est que je ne partage pas leurs idées et qu'ils me tueront. Je les suis, donc, quand ils commencent à descendre dans les rues pour manifester dans tout Paris. Soudain, dans une rue, face à nous, d'autres centaines de manifestant arrivent. Ils ont des drapeaux avec des arcs en ciels, des t shirt pareils. Ce sont des homos qui arrivent. Je suis soulagée mais prends peur par la même occasion. D'ailleurs, à ce moment quelques filles du premier groupe et quelques unes du deuxième se retrouvent à se battre. Je me mets à côté et leur hurle d'arrêter ça. Miraculeusement, elles le font et retourne chacunes de leur côté. Le premier groupe me demande de revenir mais je leur propose d'aller se faire foutre. Je vais rejoindre les homos, et une des filles qui se battait comprend qui je suis et pourquoi je suis là. Elle me passe un bras autour des épaules, et je me mets à pleurer, je la remercie, lui dit que j'avais cru qu'ils allaient me tuer, que j'avais peur, et je la remercie encore. Là, je comprends qu'ils sont là autant pour stopper ce groupe d'homophobes mais aussi pour me récupérer. Je prends conscience dans mon rêve, et d'ailleurs, dans ma vie aussi, dès mon réveil, que malgré toute cette merde de monde, je ne suis pas seule. Je ne suis pas la seule lesbienne du monde confrontée à la dure réalité. Il y a d'autres homosexuels autour de moi qui vivent la même chose et qui sont près à m'aider, à me soutenir.
Je ne suis pas seule.
En tant que lesbienne, je ne serai jamais seule.
Est-ce que je viens de comprendre l'interêt d'une communauté?
Je viens de comprendre que plutôt d'être exclue d'une société hétérosexuelle et machiste, j'étais entrée dans une sorte de "groupe" dans lequel j'avais ma place à part entière du fait de ma sexualité.
Pour tout ça, et alors que je n'y avais jamais pensé, je dois dire Merci. Merci à tous les homosexuels, Merci pour tout.
04/07/07 - 09:52
But I'll be there for you
When the rain starts to pour
I'll be there for you
Like i've been before
I'll be there for you
Cause you're there for me too
;D
Jujubees (visiteur)