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29/05/2007

29/05/07 - 00:23

Restez vigilants, mes frères...



Alors maintenant, même chez soi, on n'est plus tranquilles?
Je suis installée tranquillement dans mon lit, avec ma petite amie, et on regarde la saison 7 de Malcolm :p
Soudain, elle me dit "Tiens, t'as vu, c'est la première fois que c'est allumé en face", et en effet, c'est la première fois. On est au cinquième étage, et au sixième en face, c'est la première fois en 4 mois que l'appartement semble habité.
Quelques minutes plus tard, une tête sort et semble nous observer, puis deux, puis trois. Enervées, on éteind la lumière, histoire d'avoir un peu d'initimité.
A peine le temps de se replonger dans la série, une fenêtre s'ouvre et on entend à peu près "Gnagnagna les lesbiennes, on se broute le minou hein!!". Le temps de comprendre que ça vient d'en face, la fenêtre se referme et toutes les lumières s'éteignent, genre "c'est pas nous".
Je me lève, ouvre ma fenêtre et hurle "OUAIS ET BIEN CONTENTES, CONNASSE!!!".
...
Du coup, et au moins jusqu'à demain, sur notre fenêtre, un grand panneau affichant "Gouines et fières de l'être, PETASSE".

20/05/2007

20/05/07 - 19:50

Ces enfants d'immigrés dont on ne parle pas




Ce sujet est d'actualité je pense, à l'heure où les malaises identitaires se font sentir avec force.
L'immigration. Voilà un bien grand mot.
Immigré. Fils d'immigré.
C'est vrai, c'est pas facile de trouver sa place dans le monde, à la base. C'est encore moins facile quand on ressent comme un rejet de la société.
Moi, j'ai pas connu ça. Parce que moi, j'ai les cheveux clairs, et les yeux encore plus. Moi, je m'appellerais Noémie Martin, ça étonnerait personne. Mais je m'appelle pas Noémie Martin, mon nom a des consonnances extra-pyrénéennes. Pour autant, je me sens française. Je suis née en France, ma langue maternelle est le français, je suis allée à l'école française, et sur ma carte d'identité, il y a écrit “nationalité française”. Mon nom ne m'a pas empêché de pleurer le 6 mai 2007.
Alors où est le problème? En fait, “problème” est un grand mot lui aussi, et pas tout à fait adapté à ma situation. Je n'ai pour l'instant jamais ressenti aucune discrimination, au moment de trouver du travail par exemple, contrairement à ma petite amie, qui porte aujourd'hui un nom typiquement français, au lieu de son nom de naissance, trop... “couleurs locales” (et pas de la bonne localité au vu des problèmes causés à ses parents).
Je me sens aussi prête à m'investir pour mon pays, pour faire avancer les choses et en stopper d'autres. Ici, c'est chez moi. J'ai autant le droit et l'envie d'être là qu'un quelquonc personnage né et issu de parents “pure souche”.
Alors, ce malaise? Peut-être est-ce la recherche de l'identité qui naît en chacun de nous.
Quand j'étais petite, je me souviens, à l'école primaire, on nous disait que nos ancêtres s'était battus pendant la révolution. Et j'étais fière. Fière de me dire que mes ancêtres avaient permis l'instauration de la démocratie. Et puis j'ai compris. Non, mes ancêtres n'étaient pas là, ni à côté, ni sous la guillotine. Ils étaient je ne sais pas trop où. Certains en Espagne a priori, et le reste, peut-être en Europe de l'est, si j'en juge par les lieux de naissance de mes grands-parents.
Pour la deuxième guerre mondiale, pareil. Pendant qu'ici certains collaboraient, et d'autres résistaient (plutôt dans cet ordre d'ailleurs), mes grands-parents n'étaient pas là. Le plateau des Glières près duquel j'ai grandi, mes grands-parents n'y ont jamais mis les pieds. L'occupation allemande... bien sûr que c'est quelque chose de fort, pour moi aussi, au nom de l'être humain. Mais j'ai quand même un pincement au coeur, quand je pense que mon grand-père à moi était dans la Wehrmacht. Que d'un certain côté, l'occupation allemande, c'était lui! Que quand il a été fait prisonnier, à Lyon (ville où je vis actuellement d'ailleurs), à la fin de la guerre, on leur a fait faire le tour de la ville, pendant que les habitants leur jettaient des pierres. Tant mieux cette barbarie nazie a été arrêtée. Tant mieux, Lyon a été libéré. Mais j'en veux aux lyonnais pour ces pierres jettées sur des soldats utilisés comme chaire à canon, tout comme les soldats français! Ma grand-mère, elle, a applaudi les nazis quand ils sont arrivés en Croatie. Mes autres grands-parents ont essayé de lutter tant bien que mal contre Franco. Comment me positionner face à la connerie humaine?
Je suis perdue face à ça. Je sais que tout cela tient plus de la mémoire collective. Mais comment je peux faire face à une mémoire dont je ne suis pas issue? Et la mémoire de ces pays tels que l'Allemagne et l'Espagne, dont je suis issue finalement, je n'ai rien à voir non plus, puisque je n'ai pas grandi là bas. A quelle mémoire est-ce que j'appartiens?
Et le patrimoine alors? Nous n'avons rien! Aucune maison détenue par les parents des grands-parents ou tout autre bien dans le genre. Issue de la classe très moyenne, je n'hériterai de rien.
Finalement, ici, il n'y a aucune trace, aucun lien tactile entre cette france d'avant et moi.
Je vis dans la culture française. Rien ne me différencie physiquement des françaises qui ne sont pas issues de l'immigration. Cette culture française quelque part c'est la mienne, je me la suis appropriée. Mais parfois, je me retrouve plongée dans une autre culture, avec laquelle j'ai appris à cohabiter. Celle là pourtant, aux yeux de mes grands-parents, devraient légitimement être la mienne.
Mais non, malgré tout, malgré leur enfance, leur provenance et leurs désirs, moi, je suis un reflet de la France.

14/05/2007

14/05/07 - 11:37

Une semaine et un jour plus tard...



Such a shame
Number me with rage
It's a shame
Such a shame
Number me in haste
Such a shame
This eagerness to change
It's a shame

13/05/2007

13/05/07 - 19:27

Peut-être



A qui n'est-ce jamais arrivé de voir une image, de lire un livre ou de regarder un film qui va nous toucher profondément, nous bouleverser, sans que l'on puisse expliquer pourquoi?
C'est ce qui m'est arrivé en regardant "Paris je t'aime", avant-hier. Ce n'est pas le film dans son ensemble qui m'a touchée, mais juste une scène.
C'est une scène très simple, une jeune femme immigrée se lève très tôt un matin, emmène son bébé dans une sorte de crèche, s'apprête à partir mais est retenue par les pleurs de son enfant. Elle retourne donc à lui, et lui chante une petite berceuse. Elle s'en va, et après quelques heures de transports en commun, arrive à son lieu de travail. Il s'agit d'une maison très chic dans le 16ème, et là, on s'aperçoit qu'elle a laissé son bébé pour s'occuper d'un bébé d'une famille riche, qui pleure aussi quand sa mère s'en va. La jeune femme lui chante la même berceuse.
Pourquoi est-ce que j'ai tellement été touchée que je n'ai pas pu regarder la suite du film? Pourquoi est-ce que j'en ai rêvé toute la nuit, et que le lendemain, ce n'est qu'après quelques heures de travail que j'ai réussi enfin à penser à autre chose? Pourquoi est-ce que je me suis rendue compte avec étonnemment que, du bout des doigts, sur ma caisse, je tapais l'air de la berceuse?
Je ne saurais pas vraiment l'expliquer. J'en ai parlé à une de mes collègues qui n'avait pas vu le film, j'ai dû lui raconter la scène. Elle m'a dit "Peut-être que c'est la sensation d'abandon de l'enfant que tu as pris pour toi, ça t'a renvoyé dans la gueule tout ce que t'essayes d'enfouir en toi et d'oublier, depuis des années. Peut-être que tu as pris conscience que tu étais plus ou moins dans cette situation, de ta petite enfance jusqu'à ce que tu voles de tes propres ailes."
Peut-être.
Peut-être aussi que j'ai encore trop bien compris les difficultés de mes parents d'être de familles immigrées.
Peut-être que ça m'a rappellé le film "Maria pleine de grâce" dans lequel cette actrice joue également.
Peut-être...

Peut-être.

 

La vidéo qu'en la regardant t'oublieras plus jamais la capote si tu t'aventures en terres hétérosexuelles:

Débilités purement égocentriques:
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