Parfois...
il faut savoir réfléchir sur soi même. C'est comme ça qu'un jour, peu de temps avant mes 16 ans, je me suis assise, et je me suis posé les bonnes questions. J'avais déjà les réponses, il me manquait juste la force de les entendre. Je me suis donc entendue me dire que non, toutes les filles de mon âge ne fantasmaient pas sur d'autres filles, ne rêvaient pas d'autres filles, que oui, ce que je ressentais pour Aurore, c'était bien plus que de l'amitié, et j'ai conclu cette conversation en m'avouant que j'aimais les filles, et même si j'ai pleuré, même si j'ai demandé "Pourquoi moi?", la sentence était tombée déjà bien avant cette discussion.
A 19 ans, soit 3 ans et demi après ce coming-out, j'ai une vie plutôt classique d'étudiante, mais d'étudiante lesbienne. J'aime les femmes, j'en suis certaine. Je ne peux pas me passer d'elles. Mais c'est comme un fardeau. Ma famille proche est au courant, et le reste n'a pas besoin de l'être, donc, je leur cache, ma petite amie devant eux devient juste une amie et je réponds évasivement à leurs questions sur un éventuel petit ami. Il faut que je trouve des mensonges, des explications plausibles sur le pourquoi t'as pas de copain? du comment ça se fait qu'il n'y ai qu'un lit?
Dans la rue, je ne supporte pas le regard des autres, ce qui me pousse à ne même pas tenir la main de ma copine (ou alors rarement). Je ne peux pas, je me sens trop mal à l'aise, je ne peux être démonstrative que devant des personnes dont je suis sûre de la réaction.
J'ai discuté souvent avec des amis homos qui me disent que pour rien au monde ils ne voudraient être hétéros.
Et bien moi, si je pouvais être hétéro, avec tout ce que ça implique (c'est à dire que j'aimerais les hommes autant que là j'aime les femmes, donc, je ne ressentirais ni le manque ni la frustration), j'accepterais sans hésiter. Si j'étais hétéro, j'aimerais les hommes, j'entrerais dans un moule conforme, et un jour, je rencontrerais l'homme de ma vie, et sans avoir à me battre pour mes droits, je me marierais, sans avoir à trouver de solution, j'aurais des enfants.
C'est la facilité, la simplicité. Et j'aurais préféré que ce soit ma vie.
19/09/05 - 14:45
Personnellement j'ai choisi et voici des années. J'ai toujours su que j'aimais autant les filles que les garçons. La vie est simple... il suffit juste de bien se connaître et de se poser les bonnes questions et de ne pas s'encombrer avec les choses inutiles...
La vie est simple... croyais moi...
evrat